Conte au dedans

On se raconte tous des histoires. Du genre : « Ce coup ci, j’y vais je lui parle. Faut que je sache, sinon je vais devenir chèvre. Je suis vraiment débile de pas oser, bon je vais boire un cul sec une gnole et hop…Mince voilà Madame Michu, elle c’est une vraie sorcière, vaut mieux attendre. Quel con d’avoir encore hésité tout à l’heure c’était vraiment le moment idéal. Je suis un âne ».

Parfois une chèvre et une sorcière et un âne se promènent dans le discours intérieur avec lequel nous tissons jour après jour l’histoire de notre existence.

Parfois on perd le fil de cette histoire souvent même on oublie que c’est nous même qui racontons l’histoire et on abandonne la suite à d’autres scénaristes plus persuasifs ou à des idéologies plus rassurantes. D’autres fois, on renonce à raconter notre propre histoire pour vivre d’autres histoires par procuration dans des films, des romans, ou des contes ?

Alors dans tout ce micmac intérieur, à quoi servent les contes ?

A nous embrouiller un peu plus ?

En un sens, on peut répondre oui !

Ça fait toujours du bien de briser le carcan de nos certitudes. (J’ai trouvé cette phrase pas plus tard que tout à l’heure, à la lueur d’une chandelle éteinte, en lisant le journal du lendemain plié en quatre dans ma poche). Et puis, écouter ou raconter des histoires (ce qui revient au même) nous aide à nous reconnecter avec notre histoire, renouer le fil , retrouver la liberté et cette sensation immense que tout est possible et la joie du jeu qui en découle…

Sentir que ce jeu est finalement plus important que l’histoire elle même. Et du jeu au je, il n’y a qu’un pas. Car l’histoire n’est qu’un objet. Nous sommes celui qui goûte, qui écoute, qui sens, qui joue : Le sujet.

Et du sujet au sujet ultime, il y a moins qu’un pas, pas même l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette. Nimesha, Unmesha (jeu de Shiva passant de la différenciation à l’indifférenciation).

C’est tout le bonheur que je vous souhaite.

Marco Bénard

PS : Le site est en chantier vous aviez remarqué ? Revenez faire un tour à la fin avril, il va y avoir du nouveau : un printemps virtuel !

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1 commentaire

  1. Le 15 septembre 2016 à 17:31

    cette époque….hé bien c’est la seule que nous ayons à vivre! alors vaut mieux la jouer bonne!
    baisers, et puisque tu es « sis »
    bon cite
    santiago

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